Validez les dessins de votre livre au stade des premières esquisses, après avoir vérifié la narration et choisi la direction que je développerai dans l’ensemble des images. Si vous changez ensuite le texte, demandez une revue des scènes concernées : une réécriture structurelle pendant le storyboard change le périmètre du projet.1, 2
Pour l’illustration d’un livre, je commence par préciser le texte, le lectorat, le format et les usages prévus. Je rassemble ensuite les références utiles et mène des recherches de personnages, d’atmosphère et de composition. Ces recherches interviennent au début du processus décrit pour mes projets de livres.1
À retenir
- Avant la finition, validez le sens de chaque scène, les actions et la place du texte. Gardez une liste courte des décisions ouvertes pour pouvoir les discuter séparément. Une appréciation globale du dessin gagne à être accompagnée d’un accord précis sur ce que le lecteur doit comprendre à cet endroit.
- Après une réécriture, présentez le nouveau texte avec la version qu’il remplace et demandez une revue des scènes concernées. Faites de cette revue un point de décision commun : quelles images conserver, quelles propositions reprendre et quels passages laisser ouverts jusqu’à ce que l’intention du récit soit arrêtée ?
- Désignez une personne pour rassembler les avis et transmettre la décision commune. Si plusieurs lecteurs donnent des retours, demandez à chacun de préciser le problème de récit qu’il souhaite résoudre. Lorsque les demandes se contredisent, prenez le temps de choisir une intention partagée avant d’envoyer une nouvelle demande de dessin.
- Une validation mérite une formulation précise : nommez la version, les scènes approuvées et les éléments encore ouverts. Pour les réserves, indiquez quelle décision reste attendue et qui doit la prendre. Je recommande de demander une confirmation commune du point de départ retenu avant de poursuivre le développement des images concernées.
- Pour cadrer les corrections, distinguez les retours sur une proposition en cours des nouvelles demandes sur une décision déjà approuvée. Faites préciser le document de référence et les étapes où vous souhaitez intervenir. Une demande de reprise sera ainsi discutée à partir d’un périmètre partagé et de l’intention recherchée.
Sommaire
- Puis-je commencer si mon manuscrit évolue encore ?
- Que dois-je vérifier avant de valider les esquisses ?
- Comment lire une maquette esquissée dans son ensemble ?
- Comment formuler un retour sur un dessin ?
- Que faire si je souhaite réécrire une scène après validation ?
- Comment convenir du périmètre des corrections ?
Puis-je commencer si mon manuscrit évolue encore ?
Oui, un manuscrit qui évolue encore peut me convenir si sa version est finalisée à environ 80 % et si les décisions restantes sont limitées, attribuées et datées. Présentez clairement ces points ouverts avant de commencer, puisque la possibilité dépend de leur périmètre et qu’une réécriture structurelle pendant le storyboard change celui du projet.2
À réception d’une demande de livre, je vérifie l’adéquation des éléments fournis avec ma pratique, mon calendrier et le budget. Si le projet peut avancer, nous précisons les questions restantes, le texte, le format, le programme d’images et les usages. Le storyboard intervient ensuite, avant les images finales.2 Mon guide « Que préparer avant de confier un livre jeunesse à une illustratrice ? » recommande un manuscrit stable, le public, le ton, les pages ou le format envisagés, le mode de publication, le budget et le calendrier. Consultez ce guide pour préparer ces éléments, avec des références visuelles réellement pertinentes.2
Que dois-je vérifier avant de valider les esquisses ?
Avant de valider les esquisses, vérifiez l’action représentée, l’intention des personnages, la place du texte et ce que chaque scène apporte au récit. Je conseille de formuler votre accord sur ces décisions, puis de nommer les questions encore ouvertes pour que l’illustratrice sache exactement quelle direction vous souhaitez retenir. Dans mon travail d’illustration, les premières esquisses servent à décider ce que l’image doit montrer, suggérer ou laisser au texte. Après validation de cette direction, je précise le dessin, la lumière, la matière et la couleur. La décision sur le rôle de l’image précède donc ce développement.3
Préparez une lecture de validation avec une question précise : que doit comprendre le lecteur à cet endroit du récit ? Pour chaque scène, comparez cette intention au texte et au dessin proposés. Une préférence de couleur mérite discussion, mais commencez par le sens de l’action et la place de cette scène dans l’histoire. Si une caractéristique du personnage est essentielle au récit, signalez-la dans vos retours de validation. Distinguez les repères nécessaires pour le reconnaître des détails que vous laissez ouverts à l’interprétation. Cette hiérarchie donne à la discussion un objet précis : préserver son identité tout en choisissant librement sa pose et son expression.
Pour discuter la place du texte, utilisez les mots que vous souhaitez réellement conserver. Regardez où le regard doit entrer dans la page, puis comment il rejoint l’image. Je conseille de signaler les passages dont la longueur reste incertaine afin de discuter l’espace à leur réserver avant de donner votre accord.
Comment lire une maquette esquissée dans son ensemble ?
Lisez la maquette esquissée dans l’ordre du récit, avec le texte placé sur les pages, puis revenez sur les passages qui vous interrogent. Je recommande de regarder la succession des actions et des découvertes : quelle attente souhaitez-vous créer, quelle information donner maintenant et quelle scène laisser respirer avant la suivante ? Au début d’un projet de livre, je lis le manuscrit pour son rythme et ses moments visuels. Le storyboard teste les rapports entre le texte, l’image et la page suivante. Les recherches de personnages fixent les formes qui devront rester cohérentes au fil du projet.4
Dans son article de 2018 sur la création d’un album illustré, IngramSpark décrit le dummy comme une maquette simplifiée du livre final, en noir et blanc ou en couleur, dont les détails doivent être définis. L’article recommande de demander les changements à cette étape, avant le début des images finales.5
Mon guide « Combien d’illustrations faut-il pour un album jeunesse de 32 pages ? » explique le découpage du texte en pages, puis en moments visuels. Une image peut occuper 2 pages ; une page peut recevoir 3 petites vignettes. Consultez ce guide pour examiner cette relation entre pages et compositions.6 Examinez le passage d’une scène à la suivante avec le texte prévu pour chacune. Demandez-vous quelle information le lecteur possède avant de tourner la page et quelle découverte vous souhaitez réserver au passage suivant. Je recommande de discuter cette répartition lorsque vous hésitez entre montrer une action et la laisser attendre.
Pour mes livres illustrés, les premières esquisses permettent de vérifier la narration avant de choisir une direction. Une fois cette direction validée, je construis les images dans leur ensemble avec l’objectif de garder un langage visuel continu. Des points de décision clairs jalonnent ce travail sur le livre.1 Sur ma page Livres, les 2 couvertures et les scènes de Tigrette & Lionard montrent comment les personnages, la couleur et le trait se répondent d’une page à l’autre. Consultez cette page pour regarder ces exemples de relations visuelles dans les images présentées.1
Comment formuler un retour sur un dessin ?
Formulez un retour sur un dessin en nommant la scène, ce que vous comprenez et l’intention que vous souhaitez transmettre. Je recommande d’expliquer le problème avant de proposer une solution graphique, puis de signaler si votre remarque porte sur une nécessité du récit ou sur une préférence de traitement. Lorsqu’un dessin vous gêne, décrivez d’abord ce que vous y lisez. Par exemple, expliquez que le personnage semble hésiter alors que vous souhaitez exprimer une décision ferme. Laissez ensuite place à une proposition de dessin : l’intention à transmettre constitue un meilleur point de discussion qu’une consigne isolée sur la forme.
Pour juger l’ambiance, choisissez des mots qui décrivent une sensation recherchée : tendre, inquiétante, vive, silencieuse. Expliquez ensuite quel élément du dessin vous rapproche de cette intention ou vous en éloigne. Une remarque sur l’atmosphère devient plus utile lorsqu’elle s’appuie sur un regard, une distance ou une relation entre les personnages.
Regroupez vos remarques dans un document associé à la version examinée. Pour chaque passage concerné, indiquez la scène, l’intention attendue et la demande de correction. Je recommande de hiérarchiser les retours entre décision indispensable, question à discuter et préférence, afin de donner un ordre clair à la prochaine conversation. Désignez une personne pour rassembler les avis et transmettre la décision commune. Si plusieurs lecteurs donnent des retours, demandez à chacun de préciser le problème de récit qu’il souhaite résoudre. Lorsque les demandes se contredisent, prenez le temps de choisir une intention partagée avant d’envoyer une nouvelle demande de dessin.
Que faire si je souhaite réécrire une scène après validation ?
Si vous souhaitez réécrire une scène après validation, envoyez le passage approuvé, le nouveau texte et la raison du changement avant de demander la poursuite des images concernées. Je recommande de revoir ensemble l’action, les personnages présents et les scènes voisines, puis de préciser les décisions à rouvrir.
Dans un exemple fictif, un enfant cache une lettre dans la scène dessinée, puis le texte réécrit lui fait remettre cette lettre à sa sœur. Posez la question de l’action à représenter et de la réaction attendue. Examinez ensuite si la scène suivante doit encore montrer la lettre cachée ou désormais reçue. Pour examiner une réécriture, parcourez aussi les scènes qui préparent le passage et celles qui lui succèdent. Cherchez les éléments à remettre en discussion : présence d’un objet, intention du personnage, lieu ou ordre des actions. Je recommande d’établir cette liste avant de décider quelles images vous souhaitez conserver telles quelles.
Comment convenir du périmètre des corrections ?
Convenez du périmètre des corrections en précisant les versions examinées, les étapes de retour et les décisions attendues à chaque présentation. Je recommande d’aborder aussi les nouvelles demandes après approbation et les modifications du manuscrit, afin de savoir ensemble quand une reprise doit faire l’objet d’une nouvelle discussion. Pour cadrer les corrections, distinguez les retours sur une proposition en cours des nouvelles demandes sur une décision déjà approuvée. Faites préciser le document de référence et les étapes où vous souhaitez intervenir. Une demande de reprise sera ainsi discutée à partir d’un périmètre partagé et de l’intention recherchée.
Le Guide to Commissioning de l’AOI exclut les frais supplémentaires pour les modifications mineures et celles dues à une erreur de l’artiste. Il indique que l’illustratrice peut facturer des frais raisonnables pour des changements importants qui ne figuraient pas dans le brief initial.7 Selon le Guide to Commissioning de l’AOI, l’illustratrice peut raisonnablement attendre un paiement supplémentaire lorsque des tours d’esquisses supplémentaires sont demandés au-delà du brief initial. Cette indication concerne les demandes qui dépassent ce qui avait été prévu ; elle exprime une possibilité de rémunération supplémentaire, sans fixer de montant.7
Le guide d’Illustrators Ireland et de l’AOI recommande de préciser les échéances de remise des esquisses, de leur approbation et des images finales. Il indique que l’attente d’une validation peut entamer le temps réservé à l’exécution des images finales. Le temps de réponse fait ainsi partie du calendrier conseillé.8
Convenez de ce que chaque présentation doit permettre de décider. Pour les esquisses, formulez les questions sur l’action, le cadrage et la place du texte ; pour une image développée, préparez vos remarques sur le traitement visuel. Je préfère une attente explicitée à une demande générale de validation dont les critères restent implicites. Une validation mérite une formulation précise : nommez la version, les scènes approuvées et les éléments encore ouverts. Pour les réserves, indiquez quelle décision reste attendue et qui doit la prendre. Je recommande de demander une confirmation commune du point de départ retenu avant de poursuivre le développement des images concernées.
Gardez une trace distincte des propositions discutées et des décisions retenues. Un dossier de travail peut réunir le manuscrit approuvé, la maquette correspondante et les réserves encore ouvertes. Je recommande de convenir d’un nom de version commun, puis de l’utiliser dans les retours pour identifier exactement le document à examiner.
Questions fréquentes
Comment distinguer une correction de texte d’un changement de narration ?
Pour distinguer une correction de texte d’un changement de narration, comparez le sens, l’action et l’information donnés au lecteur avant et après la modification. Je conseille aussi d’examiner la longueur du passage et sa place dans la page, puis de soumettre les différences à l’illustratrice avant de qualifier la reprise. Lorsqu’un changement de texte vous semble nécessaire, transmettez le passage actuel et la proposition de remplacement ensemble. Ajoutez la raison de la réécriture : clarifier une action, déplacer une information ou modifier le ton. Cette présentation permet de discuter le sens voulu avant de choisir quelles décisions visuelles doivent être réexaminées.
Qui devrait transmettre la validation lorsque plusieurs personnes participent au livre ?
La validation devrait être transmise par une personne désignée pour rassembler les avis et exprimer la décision commune sur le livre. Je conseille de choisir cette personne dès la préparation, puis de lui confier l’arbitrage des retours contradictoires avant de demander à l’illustratrice de développer ou de reprendre une proposition.
Comment exprimer une validation avec des réserves ?
Exprimez une validation avec des réserves en séparant explicitement les décisions approuvées des questions encore ouvertes sur la version examinée. Je recommande de préciser pour chaque réserve la correction souhaitée ou la discussion attendue, puis de convenir des images dont le développement peut poursuivre la direction déjà retenue.
Que regarder lors de la validation des images finales ?
Lors de la validation des images finales, regardez le dessin avec le texte retenu, à la taille prévue, et comparez chaque scène aux décisions approuvées. Je conseille d’examiner la lisibilité, les expressions et les détails utiles au récit, puis de décrire précisément les écarts que vous souhaitez remettre en discussion.
Sources
- Livres
- Que préparer avant de confier un livre jeunesse à une illustratrice ?
- Illustration
- Ce que le dessin d’observation apporte à l’illustration jeunesse
- IngramSpark 2018
- Combien d’illustrations faut-il pour un album jeunesse de 32 pages ?
- Guide to Commissioning
- Illustrators Ireland and the Association of Illustrators (AOI), A Guide to Commissioning Illustrators
Nicole Hénusse, Illustratrice et autrice

