Que préparer avant de confier un livre jeunesse à une illustratrice ?

Jeune lectrice dans une forêt entourée d’animaux musiciens et de scènes de lecture

Réponse directe. Préparez un manuscrit stable, le public et le ton du livre, un nombre de pages ou un format envisagé, votre mode de publication, votre budget et votre calendrier. Ajoutez quelques références visuelles uniquement si elles correspondent vraiment à ce que vous aimez. Vous n’avez pas besoin d’arriver avec un storyboard professionnel ni de savoir déjà combien de doubles pages il faut.

Un premier message peut rester simple. Son rôle est de vérifier si le projet, le calendrier et le budget peuvent fonctionner ensemble. Le brief détaillé se construit ensuite à partir du texte et de questions concrètes.

Je préfère une présentation courte et honnête à un dossier très décoré qui laisse les décisions essentielles dans le flou.

La checklist courte

Couverture du premier album publié de Nicole HénusseCouverture du second album publié de Nicole Hénusse
Deux projets menés du manuscrit au livre publié, avec une continuité de personnages entre les volumes.

Pour un premier examen du projet, rassemblez :

  • le manuscrit ou un lien privé vers celui-ci ;
  • une phrase sur l’âge du lectorat et le ton recherché ;
  • le nombre de pages et le format, même provisoires ;
  • le mode de publication envisagé ;
  • une idée du nombre ou du rôle des images, si vous l’avez déjà ;
  • le budget disponible ;
  • la date visée et les étapes déjà fixées ;
  • le nom des personnes qui prendront les décisions ;
  • quelques références choisies, si elles sont utiles.

Si certains éléments ne sont pas encore décidés, dites-le. Une inconnue clairement nommée est plus facile à traiter qu’une fausse certitude.

1. Un manuscrit terminé, ou presque

Le meilleur point de départ est un texte terminé. L’image dépend de la structure du récit, des entrées et sorties de personnages, des répétitions et des révélations. Une modification importante du texte peut déplacer toutes les images suivantes.

Je peux examiner un manuscrit finalisé à environ 80 % si les révisions restantes suivent un calendrier rigoureux. Il faut alors savoir qui tranche, sur quels passages et à quelle date. Sans cette discipline, le storyboard risque de tourner en rond.

Vous pouvez envoyer un document, un PDF ou un lien privé. Pour un premier contact, ajoutez un résumé bref. Pour établir le programme d’images et le devis, j’aurai besoin de lire le texte lui-même.

2. Le lecteur, le ton et le cœur du récit

Indiquez à qui le livre s’adresse et ce qu’il doit faire ressentir. « Enfants de 4 à 7 ans, récit tendre avec un léger suspense » est plus utile qu’un long texte sur le marché jeunesse.

Je cherche aussi le cœur visuel du projet : une relation entre deux personnages, un lieu, une transformation, une enquête, un monde à découvrir. Cela aide à décider ce qui mérite une grande scène et ce qui peut rester dans les mots.

Le ton ne se réduit pas à une palette de couleurs. Il concerne le rythme, les expressions, la distance entre le lecteur et les personnages, la place de l’humour et la quantité de détails que l’on souhaite revoir à chaque lecture.

3. Le format et le nombre de pages envisagés

Si le format est déjà connu, donnez ses dimensions et son orientation. Un album carré, un livre portrait et un format paysage n’appellent pas les mêmes compositions. Précisez aussi si vous connaissez les contraintes de l’imprimeur ou de la plateforme.

Si rien n’est arrêté, un nombre de pages provisoire suffit pour commencer. Nous pourrons construire un chemin de fer qui répartit le texte, les doubles pages, les pleines pages et les petites images.

Vous n’avez pas besoin de décider seul du nombre exact d’illustrations. C’est une conclusion du découpage, pas une condition pour écrire le premier message.

Comprendre le nombre d’illustrations d’un album de 32 pages

4. Le mode de publication

Dites si vous préparez une autoédition, si vous travaillez déjà avec une maison d’édition ou si vous souhaitez encore proposer le manuscrit à des éditeurs.

Cette information change le projet. Une personne qui autoédite assume les décisions de commande et doit coordonner illustration, mise en page et impression. Une maison d’édition possède généralement ses propres méthodes, contrats et spécifications.

Si vous souhaitez d’abord chercher un éditeur traditionnel, vérifiez sa politique avant de commander toutes les images. La Society of Authors rappelle que les éditeurs veulent souvent choisir eux-mêmes l’illustrateur ou l’illustratrice. Selon votre situation, il peut être plus juste de préparer une proposition ciblée, de commander une couverture ou d’attendre la réponse éditoriale plutôt que de financer immédiatement tout le livre.

5. Un budget annoncé clairement

Le budget permet de construire un périmètre réaliste. Pour un album de 24 à 32 pages avec environ 12 à 15 illustrations, mon tarif commence à 4 500 €. Une couverture seule commence à 900 €.

Si le livre demande davantage d’images, plusieurs décors complexes ou une utilisation plus large, le devis s’adapte au programme. Si le budget est plus bas, nous pouvons déterminer si une couverture, un ensemble de scènes essentielles ou un autre périmètre autonome a du sens.

Je ne demande pas le budget pour remplir artificiellement une enveloppe. Je le demande pour éviter de concevoir un projet que la personne ne pourra pas produire.

Voir comment se construit le budget d’un album illustré

6. Un calendrier qui comprend les décisions

Une date de sortie ne suffit pas. J’ai besoin de savoir quand le manuscrit sera définitivement validé, qui commentera le storyboard, combien de personnes reliront les esquisses et à quel moment l’imprimeur attend les fichiers.

Mes propres livres ont demandé environ deux mois de travail d’illustration non continu, du storyboard à la couleur. Ce chiffre décrit mon expérience, pas un délai garanti. Lorsqu’un projet réunit plusieurs personnes, les discussions autour du storyboard peuvent prolonger la phase de décision de plusieurs semaines.

Le bon calendrier comprend donc le travail créatif et le temps de réponse du client. Une validation tardive décale nécessairement la suite.

7. Des références visuelles choisies, pas obligatoires

Vous pouvez montrer des livres, peintures, photographies, matières, vêtements, bâtiments ou films que vous aimez. Expliquez ce qui vous intéresse dans chaque référence : la lumière, le trait, la douceur, l’espace, la composition ou le niveau de détail.

Je ne demande pas de références générées par IA pour définir un style. Elles brouillent souvent les choix au lieu de préciser une direction. Si vous ne trouvez aucune image qui vous ressemble vraiment, ne forcez pas la recherche. Je préfère ne recevoir aucune référence qu’un assemblage d’images que vous n’aimez qu’à moitié.

Mon portfolio et ma méthode de travail permettent déjà de vérifier si ma façon de dessiner, d’observer et de construire un univers correspond au projet.

8. Les usages prévus pour les images

Le livre sera-t-il imprimé et vendu en Belgique, diffusé dans plusieurs pays, proposé en version numérique ou traduit ? Les images serviront-elles uniquement dans le livre et sa promotion, ou aussi sur des produits ?

Ces usages influencent le contrat et le devis. L’Association of Illustrators recommande de préciser l’usage, le territoire et la durée de la licence. En Belgique, le SPF Économie indique que le contrat doit notamment préciser les modes d’exploitation, leur étendue, leur durée et la rémunération correspondante.

Il n’est pas nécessaire de maîtriser le vocabulaire juridique avant le premier contact. Il faut simplement décrire ce que vous pensez faire des images. Le contrat traduira ensuite ce besoin de manière précise.

Ce que vous n’avez pas besoin de préparer seul

Vous n’avez pas à fournir un storyboard final, des angles de vue pour chaque scène, une palette définitive ou des fichiers prêts à imprimer. Vous n’avez pas non plus à écrire une indication d’image après chaque paragraphe.

Le découpage visuel, la recherche de personnages, les compositions et la continuité font partie de mon travail. Vos informations doivent rendre le projet compréhensible, pas faire le travail de l’illustratrice à sa place.

Un brief laisse également une marge d’interprétation. L’AOI conseille de dire clairement si l’image attendue est très précise ou si l’illustratrice peut proposer une solution. Cette distinction évite de rejeter des esquisses parce que chacun imaginait en silence une commande différente.

Ce qui se passe après le premier message

Je lis les éléments fournis et vérifie l’adéquation avec ma pratique, mon calendrier et le budget. Si le projet peut avancer, je pose les questions manquantes et nous précisons le texte, le format, le programme d’images et les usages.

Le storyboard vient ensuite avant les images finales. Il permet de prendre les grandes décisions alors que les changements sont encore possibles. Le devis et l’accord écrit fixent les livrables, les étapes, le calendrier, le paiement et les droits associés.

Cette structure n’a pas pour but d’alourdir le projet. Elle protège le temps consacré aux images et donne à l’auteur, l’autrice ou l’éditeur des moments clairs pour décider.

Questions fréquentes

Le manuscrit doit-il être entièrement terminé ?

Idéalement, oui. Une version finalisée à environ 80 % peut convenir si les décisions restantes sont limitées, attribuées et datées. Une réécriture structurelle pendant le storyboard change le périmètre.

Puis-je vous contacter sans connaître le nombre d’illustrations ?

Oui. Envoyez un manuscrit stable, le nombre de pages envisagé et le format. Le chemin de fer et le storyboard permettront de compter les images utiles.

Dois-je préparer un moodboard ?

Non. Quelques références que vous aimez réellement peuvent aider, avec une phrase expliquant chacune. Sans référence pertinente, le texte et la discussion suffisent.

Que faut-il indiquer sur le budget ?

Donnez l’enveloppe disponible pour l’illustration et précisez si la couverture, la mise en page ou d’autres prestations doivent aussi être financées. Mon tarif de départ pour 24 à 32 pages et environ 12 à 15 illustrations est de 4 500 €.

Puis-je commander un album complet avant de le proposer à un éditeur ?

Vérifiez d’abord la méthode des éditeurs visés, car beaucoup souhaitent choisir l’illustrateur. Indiquez votre stratégie de publication au premier contact afin de définir une commande proportionnée.

Faut-il parler des droits dès le début ?

Décrivez au moins les usages prévus : impression, numérique, pays, langues, promotion et éventuels produits. Les conditions exactes seront précisées dans l’accord écrit.

Qui doit valider les images ?

Identifiez une personne responsable de la décision finale. Si plusieurs personnes commentent, convenez d’un retour consolidé. Cela évite des instructions contradictoires et protège le calendrier.

Envoyer une présentation claire

Le formulaire vous demande le type de projet, l’échelle, le budget, le calendrier et un lien vers le brief ou le manuscrit. Une fois ces éléments réunis, votre demande contient déjà l’essentiel.

Présenter un projet de livre
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