Regard, dessin, matière, outils
Ma méthode
Le numérique accélère la fabrication d’une image. Il ne remplace ni le regard, ni la main, ni la compréhension de ce que l’on représente.

Qu’est-ce qui distingue ma façon de travailler ?
Je réunis une formation artistique classique et une maîtrise complète des outils de création contemporains.
J’ai appris à dessiner d’après le réel, à construire une figure, à comprendre l’anatomie, la lumière, la perspective, le volume et la composition. J’ai aussi été formée à la communication visuelle et je travaille avec Adobe Illustrator, la peinture numérique et les méthodes actuelles de production.
Je peux donc choisir le langage qui convient au projet, et non celui que l’outil m’impose. Une image peut être libre ou précise, traditionnelle ou numérique, dépouillée ou très construite. Dans tous les cas, la simplification vient après la compréhension.
Je ne cherche pas à reproduire le passé. Je veux retrouver l’intelligence artistique qui rend certaines images si vivantes, puis l’appliquer à des projets d’aujourd’hui.
Pourquoi le dessin reste-t-il essentiel ?
Le dessin donne à l’image sa structure, même lorsque le résultat paraît spontané ou très simple.
Une pose convaincante suppose une connaissance du poids et de l’équilibre. Une expression juste repose sur l’observation. Une lumière cohérente révèle le volume. Une composition claire conduit le regard sans que le lecteur ait besoin d’y penser.
C’est ce travail invisible qui permet ensuite de styliser avec liberté. Sans lui, la simplification devient vite une perte de substance. Avec lui, quelques lignes peuvent suffire à faire sentir un geste, un caractère ou une présence.

Pourquoi certaines illustrations restent-elles en mémoire ?
Une illustration reste en mémoire lorsqu’elle ne se contente pas d’occuper la page, mais donne au lecteur un monde dans lequel entrer.
Dans un livre pour enfants, l’image accompagne le récit, installe une atmosphère et récompense les regards répétés. L’enfant doit pouvoir y revenir, y remarquer un geste, une matière ou un détail. Avec le temps, cette image peut devenir une part de sa mémoire affective.
C’est pour cette raison que les illustrations les plus fortes vivent parfois au-delà du livre, sous forme de tirages, d’éditions particulières, d’objets ou d’expositions. Elles possèdent une valeur propre. Mon objectif est de créer cette possibilité dès le premier dessin.

Comprendre l’espace et la matière permet ensuite de choisir ce que l’on garde.
Quelle place le numérique occupe-t-il dans mon travail ?
Le numérique est un outil de création et de production que je maîtrise, pas un substitut à la formation artistique.
Je travaille à la gouache, à l’aquarelle, au pastel, au fusain et à l’encre. Je peux ensuite finaliser une image numériquement, la peindre sur écran, la reconstruire en vectoriel ou préparer ses déclinaisons pour l’impression et les supports en ligne.
Je n’oppose donc pas le traditionnel au numérique. Les deux se complètent. Le premier apporte la matière, l’accident et la présence de la main. Le second offre précision, souplesse et efficacité. Le projet décide de leur équilibre.
Comment cette méthode s’applique-t-elle à une identité visuelle ?
Je peux construire une identité à partir du sujet réel de l’entreprise, puis le réduire progressivement jusqu’à obtenir un signe clair et utilisable.
Une usine, un paysage, un bâtiment, une machine, un animal ou un produit peuvent d’abord être observés et dessinés dans leur totalité. Cette étape révèle les proportions, les gestes et les symboles qui appartiennent vraiment au projet.
Je simplifie ensuite cette matière jusqu’au logo, à la typographie, aux couleurs et au système d’applications. La marque reste contemporaine et pratique, mais sa forme possède une origine. Elle n’a pas été choisie dans un répertoire de signes génériques.

Comment se déroule un projet avec moi ?
Chaque projet avance de la compréhension du sujet vers une forme précise, avec des points de décision clairs.
- Comprendre. Nous parlons du projet, de son public, de son usage et de ce qui doit rester dans la mémoire.
- Observer. Je rassemble les références utiles, j’étudie le sujet et, lorsque c’est pertinent, je travaille d’après le réel.
- Construire. Je réalise les premières études de forme, de composition, de personnage ou de symbole.
- Choisir. Nous évaluons la proposition sur des critères concrets avant de préciser la direction retenue.
- Finaliser. Je produis l’œuvre ou le système graphique dans les formats adaptés à ses usages présents et futurs.
Cette approche peut-elle répondre à un projet très contemporain ?
Oui. Une formation classique ne m’enferme pas dans une esthétique ancienne, elle me donne davantage de choix. Je peux travailler dans un registre épuré, vectoriel ou actuel lorsqu’il sert le projet, sans perdre la structure, le caractère ou la justesse du dessin.
À quels projets cette méthode convient-elle ?
Cette méthode convient aux livres illustrés, aux personnages, à l’illustration éditoriale, aux identités de marque et aux projets qui doivent pouvoir vivre sur plusieurs supports. Elle s’adresse surtout aux auteurs, éditeurs et entreprises qui cherchent une image avec une présence propre, plutôt qu’une variation sur une tendance déjà visible partout.
